Ce sont les copains de chez Let's Rock Today qui m'ont fait repenser à cette anecdote.
Si nous avons tous en tête le thème de Bitter Sweet Symphony (mais si, vous savez, joué par un orchestre à cordes), les membres de The Verve, eux, l'ont plutôt en travers de la gorge !


Les trentenaires seront tous d'accord avec moi, j'en suis convaincu : Bitter Sweet Symphony fait partie de la bande originale de notre adolescence. Parue en 1997, la chanson se place dans les charts de la plupart des pays européens et est accompagnée d'un clip simple mais efficace, dans lequel le chanteur Richard Ashcroft trace sa route dans une rue londonienne avec un flegme et une nonchalance qui feraient passer Liam Gallagher pour un joyeux drille. Avant de continuer, je vous en donne la preuve en image :

Toujours pour les trentenaires, on se souviendra également de l'utilisation de cette chanson dans le film Sex Intentions en 1999...

Mais ce n'est pas là où je veux en venir. Avec ce succès international, on pourrait se dire que les membres de The Verve ont fait là un coup de maître, et s'en sont mis plein les poches, par la même occasion. Eh bien que nenni !
Si The Verve a évidemment bénéficié d'un tremplin médiatique et d'un boost dans la vente de leur album Urban Hymns dont était issu le single, le groupe n'a pas touché un centime pour la chanson Bitter Sweet Symphony.

Bien que les paroles de la chanson aient été écrites par Richard Ashcroft, la chanson a été créditée également à Keith Richards et Mick Jagger après un long procès surmédiatisé accusant The Verve d'avoir plagié le thème d'une reprise par le Andrew Oldham Orchestra d'une chanson de 1965 des Stones : The Last Time.

Si on voit bien où se situe le prétendu plagiat, il faut préciser que The Verve avait négocié une licence pour utiliser un échantillon de l'enregistrement d'Oldham... Le groupe fut cependant accusé d'avoir abusé de cet échantillon.
Ainsi ABKCO Records, possesseur du catalogue des Stones a lancé une poursuite (certainement motivée par l'énorme succès commercial du single). A l'issue du procès, la totalité des droits d'auteur de la chanson revinrent à ABKCO et les crédits d'écriture à Ashcroft, Jagger et Richards.

Simon Jones, le guitariste du groupe raconte :

On nous a dit que ça allait être une répartition 50/50, puis ils ont vu le succès que l'on tirait de cette chanson. Ils ont téléphoné et ont dit "nous voulons 100% ou nous le faisons sortir des magasins, vous n'avez pas beaucoup de choix"

On a depuis pu entendre la chanson dans différents contextes, notamment dans certaines publicités (Nike et Opel, par exemple) toujours contre la volonté du groupe, impuissant, les droits étant en possession de ABKCO Records.

(Véracité de l'anecdote : Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock | Source : Let's Rock Today)