Il y a 50 ans (et quelques mois) Bob Dylan défrayait la chronique lors du festival Folk de Newport, se mettant une bonne partie du public et de ses fans à dos et donnant un énorme coup de pied dans la fourmillière musicale du milieu des années 60... Tout cela en quelques minutes seulement ! Prêts pour une leçon de provocation à la sauce Zimmerman ?



Bob Dylan et sa guitare électrique Image transparente Dans le monde de la musique, on peut se permettre beaucoup de choses, sans choquer son public : coucher avec des adolescentes, se droguer, mettre à sac des chambres d'hôtel, se battre sur scène entre musiciens... Toutes ces choses font partie du folklore, dirons-nous. Mais il existe des choses avec lesquelles on ne peut - et on ne doit - pas rigoler. Et ce bon vieux Bob Dylan en fit les frais le 25 juillet 1965.

Bob est convié pour la troisième année consécutive au festival Folk de Newport, en tant que tête d'affiche. A cette époque, Dylan est considéré comme la voix de sa génération : on dit qu'il a su cristalliser les attentes de la jeunesse, il est appelé dans tous les rassemblements de la gauche américaine, et il devient sans le vouloir la voix de tout le militantisme communiste américain. Seulement voilà : le musicien n’est pas militant, il est juste poète. Et il ne supporte plus trop d'être devenu une icône malgré lui.

Du coup, Dylan va faire du Dylan. Comprenez par là qu'il va n'en faire qu'à sa tête et "qui l'aime le suive". Il arrive sur scène lors de ce festival habillé d'un manteau de cuir et de lunettes de soleil noires, délaissant sa tenue de fermier hippie. Il chantera la chanson Like A Rolling Stone, dont les paroles - cyniques - sont ouvertement... Anti protest-song. Mais le plus grave : il délaissera sa guitare folk pour une guitare électrique ! A la vue de cet instrument du diable (pour les folkeux), Dylan se fait huer, traiter de traître, de Judas... Si bien qu'au bout de trois chansons, il quitte la scène.

La tournée suivant ce festival se fait dans l’anarchie complète : pendant deux heures de concert tout le monde lui crie « Judas ! », « Go home ! », « Where is Bob Dylan ?! ». Lors d’un live à Londres, devant les huées du public, Bob Dylan leur dit : « OK vous voulez de la folk, c’est parti ». Le public crie de joie, et on le voit se retourner vers ses musiciens pour leur dire : « OK les gars, faites le plus de bruit possible ! ».

Cet événement aussi anecdotique puisse-t-il paraître, délivre un message qui influencera toute la fin des années 60 : la musique dite "populaire" (sous entendu la Pop et le Rock en opposition à des genres musicaux plus élitistes) peut aussi être une musique profonde, non simpliste, avec des paroles et des innovations musicales. Ce n’est pas une musique bassement « vulgaire ». Les Beatles, les Kinks et les Who, rois de la pop anglaises, auront bien compris cette leçon venue de l’autre côté de l’Atlantique. Ce n’est pas un hasard si dès 1966, les Beatles entrent dans l’innovation avec leur fameux album Revolver.

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(Véracité de l'anecdote : Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock | Source : MonsieurVintage.com)