Si Tupac Shakur est revenu d'entre les morts sous la forme d'un hologramme le temps d'une chanson, John Lennon pourrait quant à lui revenir en chair et en os... sous la forme d'un clone !

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C'est en tout cas le projet du dentiste canadien Daniel Zuk, qui a acheté une dent du chanteur lors d'une vente aux enchères en 2011 pour la modique somme de 30 000 dollars (22 000 euros) ! Le fan des Beatles, basé à Edmonton, explique au tabloïd anglais The Sun :

Si les scientifiques pensent qu'ils peuvent cloner des mammouths, alors John Lennon pourrait être le prochain sur la liste. Me dire que je pourrais avoir une petite part de responsabilité dans le retour de l'une des plus grandes stars du rock est vraiment hallucinant !

Le dentiste a donc envoyé la dent, qui avait été récupérée par Dot Jarlett (l'ancien concierge de John Lennon), à un laboratoire américain pour que l'ADN du chanteur en soit extrait.

Je suis nerveux et excité par la possibilité que nous arrivions à séquencer entièrement l'ADN de John Lennon, très rapidement j'espère. Beaucoup de fans des Beatles se souviennent où ils étaients quand ils ont appris que Lennon avait été tué. J'espère qu'ils vivront assez longtemps pour voir le jour où il aura une seconde chance

Le dentiste a créé un site internet pour expliquer son projet, qui n'est pas dénué d'arrières-pensées financières... D'après lui, l'ADN dans la dent de John Lennon vaut facilement plus de 2,5 millions de dollars (1,87 millions d'euros) pour une entreprise intéressée... C'est qu'il y croit le bougre !

Cependant, ne vous réjouissez (ou ne vous indignez) pas trop vite... Les chances de cloner John Lennon sont en réalité quasi inexistantes, comme l'explique Corinne Cotinot, directrice de l'unité biologie du développement et reproduction à l'INRA :

En théorie, on prend des cellules vivantes que l'on injecte dans l'ovocyte d'une femme dont on aura préalablement enlevé le noyau : on remplace ainsi ce noyau par la cellule du donneur. Mais cette cellule vivante doit être parfaite, intacte et non altérée pour que l'expérience ait toutes les chances d'aboutir. Pour que l'ADN soit intact, il faudrait que cette fameuse dent ait été congelée ou lyophilisée afin que les bactéries ne l'altèrent pas...

Imaginons un instant que la séquence d'ADN de Lennon puisse être décodée et qu'éthiquement le scientifique puisse mener sa petite expérience... Cela voudrait-il dire que nous aurions un nouveau John Lennon, bien vivant ? Pas si sur, explique la scientifique :

Ce ne serait en aucun cas un nouveau John Lennon. En effet, l'ovocyte utilisé ne sera pas celui de sa mère biologique, mais d'une donneuse. De plus, une mère porteuse serait nécessairement mobilisée pour la gestation. Autant d'environnements différents qui vont modifier l'expression du génome. Et c'est tant mieux, car il n'existe qu'un seul John Lennon !

Sans compter les risques d'échec : les taux de réussite du clonage sur les animaux, dans les laboratoires en pointe, ne dépassent pas les 10 %. Cela veut concrètement dire qu'il faudrait mobiliser au moins une dizaine de mères porteuses pour tenter de parvenir à un résultat qui sera très loin de celui escompté !

Autant de défis qui ne semblent pas décourager le dentiste canadien, sans doute en mal de notoriété, qui croit dur comme fer à son projet : "Je serai celui qui a ramené à la vie une des plus grandes stars du rock !" prévient-il. Le doux dingue, qui collectionne les reliques, serait également en possession de l'ADN de Marilyn Monroe, Paul McCartney et Justin Bieber. Au secours !

(Véracité de l'anecdote : Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock | Source : Le Point)