Une fois de plus votre site préféré est au cœur de l’actualité. Roger Waters était en concert au Stade de France ce samedi pour y jouer l’intégrale de « The Wall ». Waters était déjà passé à Bercy en Juin 2011 et avait donné le meilleur concert auquel j’ai pu assister, parole de Germinal !
L’histoire de The Wall est gorgée d’anecdotes et cette semaine nous allons nous engouffrer dans les entrailles du mur...

The Wall en live, par Roger Waters
Sorti le 30 Novembre 1979 sachez tout d’abord qu’il s’agit du double album le plus vendu dans l’histoire du rock. Ce disque (en grande partie composé par Waters en dehors de 3 morceaux de David Gilmour) raconte l’histoire de Pink qui est un personnage imaginaire inventé par Waters et qui lui servira à raconter des éléments de sa vie et de celle de son ami Syd Barett qui ne fait déjà plus partie du groupe à cette époque. Il sera donc question de guerre, de scolarité, de mère ultra-protectrice, de mariage, d'adultère, de schizophrénie et de drogues. Pas moins de 5 studios seront nécessaires pour enregistrer et mixer ce disque.

Tout est basé sur l’idée de ce mur entre le public et le groupe, qui se construit brique par brique à mesure du concert. Cette idée est née le 6 Juillet 1977 dans la tête de Waters, après un concert au Stade Olympique de Montréal durant la tournée de l’album Animals. Le public est très agité, il crie et claque des pétards et des feux d’artifice ce qui irrite Waters. Il arrête alors le concert et s’adresse au public :

Oh, for fuck sake stop lighting off fireworks and shouting and screaming. I’m trying to sing a song! I mean I don’t care. If you don’t want to hear it. You know fuck you. I’m sure there are a lot of people here who want to hear it. So why don’t you just be quiet. If you want to light your fireworks off go outside and light them off out there and if you want to shout and scream well then go and do it out there. I’m trying to sing a song that some people want to listen to. I want to listen to it

Soit, en français : Arrêter de crier et d’allumer des feux d’artifice. J’essaie de chanter une chanson, et si vous ne voulez pas l’entendre je m’en tape ! Allez vous faire foutre. Je suis sûr que plein de gens veulent entendre cette chanson, donc soyez calmes. Donc si vous voulez allumer des feux d’artifice et hurler allez le faire dehors...

Je vous renvoie sur cet excellent site où vous pouvez d’ailleurs écouter un extrait.

En sortant de scène Waters pétera les plombs en crachant sur un spectateur et en disant à son manager : "Je les hais tellement que j’ai envie de monter un mur entre eux et moi !" Sentant la bonne idée son manager lui conseilla de le faire. The Wall était lancé !

A l’époque Waters va accentuer son emprise sur le groupe puisque tous les morceaux (sauf 3) sont composés par lui. Il n’hésitera pas à renvoyer (temporairement) Nick Mason, le remplaçant derrière les fûts par Jeff Porcaro (du groupe Toto) sur le titre Mother. A partir de ce disque l’ambiance se dégradera rapidement, puisque sur les affiches des quelques concerts qui suivront on pourra lire "The Wall, un spectacle écrit par Roger Waters et interprété par Pink Floyd !"... D'ailleurs, le clavier du groupe Rick Wright jouera bien sur les quelques concerts de la tournée mais avec un cachet de musicien et pas en tant que membre du Floyd !

L’album commence sur le titre In The Flesh ? à la fin du morceau on entend une explosion et on voit un bombardier s’écraser dans le mur, allusion à peine voilée au père de Waters mort pendant la seconde guerre mondiale...

Pour le morceau The Wall part.2 on entend des chœurs d’enfants. Pour la petite histoire, il s’agit de la chorale d’une école située à quelques mètres du studio où le groupe enregistrait. Il y a en réalité une vingtaine d’enfants, mais pour donner l’illusion de masse que l’on entend sur l’album il a fallut faire enregistrer et superposer plusieurs prises.

Le morceau Mother est une allusion à la mère de Syd Barett avec qui il habitera dans sa ferme jusqu’à la fin de sa vie. D’ailleurs on notera que Syd Barett finira sa vie coupée du monde réel (comme s’il était entouré d’un mur).

Retournons maintenant le premier 33 tours pour écouter la face B qui s’ouvre sur les morceaux GoodBye Blue Sky et Empty Spaces. Pink est désormais marié et a de plus en plus de mal à communiquer avec sa femme, d’où le titre "les espaces vides" qu’il a du mal à remplir. Là aussi Waters glisse une allusion cachée à Syd Barett puisque si vous écoutez bien l’intro du morceau en la passant à l'envers vous entendrez cette phrase mystique prononcée par une certaine Carolyn : "Hello hunters, congratulations, you’ve just discovered the secret message. Please send your answer to old Pink, care of the funny farm, Chalfont".
Et là vous pensez que Germinal a abusé des substances hallucinogènes de Syd Barret. En fait cela veut dire : "Bonjour les chasseurs, bravo, vous avez trouvé le message secret. Envoyez votre réponse au vieux Pink dans sa drôle de ferme à Chalfont". Les chasseurs font ici références aux chasseurs de messages cachés, Pink n’est autre que Syd Barret et la "drôle de ferme" peut être prise pour un hôpital psychiatrique à Chalfont où séjourna sans doute Syd.
Allez on est sympa chez rock-anecdotes.fr qu'on vous propose d'écouter cette intro :

A l'époque le show de The Wall sera très peu joué car très coûteux avec une logistique énorme. Aujourd'hui la construction du mur est assistée par ordinateur pour être parfaitement synchrone avec la musique ce qui rend encore plus grandiose le spectacle proposé par Roger Waters qui nous livre un splendide opéra-rock quasi auto-biographique, à ré-écouter de toute urgence et pour les plus chanceux à voir en live !
D'ailleurs nous vous proposons un extrait de 2011 à L'O2 Arena de Londres où à la surprise générale Waters avait invité Gilmour sur le morceau Comfortably Numb (composé par Gilmour). Gilmour visiblement ému en oubliera quelques notes sur le solo...

(Véracité de l'anecdote : Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock Note Rock | Source : Les Classiques de Marc Ysae (Classic 21))